Ma sculpture est représentée dans l 'ouvrage "1 immeuble 1 oeuvre 2015-2020", aux Editions in Fine
Texte Alexia Guggémos, photo Emmanuelle Blanc.

Il y a de la légèreté et beaucoup d’humour dans cette pièce de 3 mètres de hauteur installée dans le jardin d’une résidence construite par Marignan à Caluire-et-Cuire, une commune située dans la métropole de Lyon. Les blocs de béton de la sculpture intitulée Contre paraissent ne tenir que par le poids des plaques d’acier. L’œuvre fait écho au monde du bâtiment et au difficile métier de constructeur. « J’ai utilisé les mêmes matériaux, les mêmes principes constructifs, les mêmes logiques de mise en espace », commente l’artiste devenue experte en surfaces maçonnées, ragréage et coulage de dalles. L’illusion d’un déséquilibre est parfaite et a fait l’objet de savants calculs. Le jeu visuel procure un effet ludique immédiat. « Les enfants adorent y jouer à cache-cache », raconte une habitante dont les fenêtres donnent sur ce qu’elle appelle avec affection le « château de cartes ».
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Alexia Guggemos, 1 immeuble 1 œuvre 2015-2020, Editions in Fine
Ce projet naît du désir d’interagir avec les habitants de l’immeuble : chacun des 81 logement est relié à un tronçon de la sculpture, qui porte le nom de ses occupants. Les noms sont gravés par les habitants eux-même, avec mon aide.
Ainsi se trouvera inscrite sur la sculpture l’histoire de la résidence, elle en sera la mémoire. Il y a de la place pour inscrire des noms successifs. Le responsable de l’entretien de l’immeuble a été équipé et formé. La démarche est intégrée à chaque signature de bail.

Les enfants sont fiers de montrer à leur mamie venue déjeuner, non seulement leur vraie chambre dans l’appartement familial, mais aussi leur nom gravé sur leur chambre imaginaire portée par la sculpture-résidence. 
De plus, le marquage étant associé à l’idée de signature de l’oeuvre, cela accentue le lien intime avec cette forme sortie de l’imaginaire, mais bien ancrée dans leur espace de vie quotidien. Et quand l’imaginaire pénètre le réel, c’est le terreau du sentiment d’appartenance. Ce n’est pas de la rhétorique, je crois sincèrement que si un enfant, un ado, un adulte, peuvent (se) raconter une histoire liée à leur lieu de vie, s’ils ont un support pour cette histoire, alors le processus d’appartenance peut se construire. Les habitants de cet immeuble viennent du monde entier, souvent déracinnés, en reconstruction.

Une sculpture se situe à la frontière entre mondes réels et imaginaires. J’aime l’idée que ma sculpture soit une porte d’entrée pour l’imaginaire de ses co-résidents.
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