Cette sculpture, par son titre, fait référence directement à l’œuvre de Gaston Bachelard, «La terre et les rêveries de la volonté» et plus particulièrement à sa réflexion sur l’imagination matérielle. Elle explore comment la matière, ici la terre et le fer, devient le support de nos rêveries, de nos désirs de création.   « La matière rêve en nous » écrit Bachelard.

La terre, matrice des rêveries
Le pisé est ici la matière originelle, minérale, humble et archaïque. Pour Bachelard, la terre est à la fois lourde et féconde, résistante et transformable. Elle est le domaine de la volonté obstinée, où l’homme, en travaillant la terre, rêve de la dompter, de la transcender. Ce cube de pisé, ancré dans le sol, est à la fois un rocher et un rêve : il porte en lui la pesanteur du réel et la promesse de l’imaginaire.

Le fer, rêve de légèreté et de mouvement
La feuille d’acier, à la fois puissante et aérienne, évoque une coulée de lave figée dans son élan, les plaques tectoniques, le déchirement de la croûte terrestre. Elle raconte l’histoire invisible de la terre, les tensions, les forces telluriques. S’extrayant du pisé, le fer semble avoir traversé une longue métamorphose : minerai extrait du sous-sol, il est devenu matière industrielle, transformée par le feu et la force, pour devenir mouvement, élan, liberté.  Il s’arrache au poids du monde pour se déployer dans l’air, obéissant à un rêve de légèreté.

Un dialogue entre pesanteur et élan
Cette sculpture joue sur les contrastes et les complémentarités : Le pisé, matière terreuse, brute et immobile, ancrée dans le sol comme un symbole de stabilité et d’éternité. L’acier, lisse et dynamique, qui semble se déployer comme une vague, un rêve dynamique. Le cube, géométrique et stable, représente l’ordre, la permanence, la réalité tangible. La tôle, organique et sinueuse, incarne le chaos, le mouvement, l’imaginaire. Associés, ils forment un équilibre poétique, invitant à s’extraire du matériel par la rêverie.

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